Traversée Baltique

Entre Suède et Finlande, 260 kilomètres d'itinérances en autonomie durant 10 jours.

Fin juin 2016, deux membres du PKM sont partis en Suède pour faire la traversée de la mer Baltique et de l'archipel d'Åland* jusqu'en Finlande.
L'archipel d'Åland commence sur sa partie occidentale à une trentaine de kilomètres des côtes suédoises pour s'étirer sur 240 km jusqu'à Turku en Finlande. Composé de 6500 îles (environ), il forme un véritable labyrinthe d'ilots le plus souvent inhabités. Province autonome de Finlande, la population est de 30000 habitants vivant pour la plupart sur l'Ile principale autour de Mariehamn cependant 16 communes regroupent de nombreux hameaux réparties sur l'ensemble des îles.
 

Après 2800km de voiture à travers une partie de l'Europe, le départ est prévu à Grieslehamn en Suède. C'est le premier défi qui est relevé en se lançant pour une traversée de 28km vers le premier ilot avant d'enchainer 12km pour atteindre la première grande ile de l'archipel. Le créneau météo était bon et la traversée se passa sans encombre. Les deux jours suivants permirent de faire le tour des iles principales en longeant les côtes et de découvrir un paysage à part pour des palavasiens.
Dès lors il fallait enchaîner les traversées jusqu'à Turku car les îles n'étaient plus que des petits blocs de granit ocre. Le plus souvent elles ne faisaient pas plus de quelques centaines de mètres et les plus grandes quelques petits kilomètres.
Ce qui surprend de prime abord, c'est l'eau quasiment douce de la Baltique et de ce fait la présence d'une faune et d'une flore qui n'est pas forcément marine.
La navigation ne présentait pas techniquement de grandes difficultés kayakistiques. Les fonds ne sont pas très importants et les îles très proches ce qui peut provoquer des effets de couloir mais assure que la mer ne se démontera pas au premier coup de vent. Par contre, il faut avoir en permanence la carte ou le gps sur les genoux et le compas sur le pont. Certaines passes faisant à peine plus que la largeur du kayak.. pour la trouver ca devient vite compliqué.
Les paysages se sont révélés à la hauteur des surprises attendues. Quelques rares maisons formaient souvent les seules traces d'humanité et les jours passant, un certain sentiment de solitude se faisait sentir.
Une chose inattendue était la rareté des bivouacs possibles et la difficulté pour les identifier sur les cartes... Il n'y a pas de plages aux Ålands sinon des plages artificielles devant les maisons quand c'est possible. Quand on repère du vert sur G. Earth c'était en général des roselières et quand on repérait du jaune ocre,  un bloc de roches granitiques dont la pente n'était appréhendable qu'en étant sur place. Il a donc fallu improviser tous les jours, tant pour choisir la route que trouver le bivouac.
La population est d'une extrême discrétion. A l'exception d'une journée sur une île où un trio finlandais se révéla très accueillant.
Il ne faut sûrement pas aller dans ce coin pour s'y faire des copains! Par contre si vous aimez les paysages sauvages, avoir l'impression d'être seuls au monde, si vous aimez vous creuser la tête pour trouver votre chemin sans savoir où vous dormirez le soir ni où vous serez le lendemain. L'archipel d'Åland est une surprise. Alors pour ceux qui ont envie de ne pas voir la nuit tomber, les cygnes passer en famille près des kayaks, prendre un sauna avant de diner, n'hésitez pas un instant!

* se prononce : /'oːland/

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